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Rugby à VII
Régions, Clubs

26/05/2005 à 11:15
Historique

Les Britanniques n’ont pas seulement inventé le rugby. Ils ont, au fil des ans, joué un rôle primordial dans son évolution. Même à leur corps défendant. Tel est le cas en ce qui concerne la Fédération Internationale de Rugby Amateur née, le 02 janvier 1934 à Paris, fruit d’un divorce franco-britannique. Rappelons en effet qu’exclue du Tournoi la France eut pour partenaire unique l’Allemagne de 1932 à 1936 puis l’Italie (1937), la Roumanie (1938), une équipe de Grande-Bretagne renouant le contact en 1940 avant que la British Army puis l’Empire britannique ne prennent le relais en 1945. Gallois et Irlandais remirent, en 1946, la France sur le chemin d’un Tournoi dans lequel sa réintégration fut effectuée en 1947. Mais, entre temps, il y avait eu ce 02 janvier 1934 où, à l’instar des présidents français et allemand la F.I.R.A était née. Une réunion préliminaire s’était tenue à Turin, le 04 septembre 1933, et le baptême eu lieu, le 24 mars 1934, à Hanovre. Présentes : Allemagne et France, bien sûr, mais aussi : Belgique, Catalogne, Espagne, Hollande, Italie, Portugal, Roumanie. Statuts et règlements scellèrent l’opération, la déclaration officielle de naissance étant enregistrée dans le Bulletin Officiel de la République Française du 10 juin 1934.

Les congrès annuels eurent lieu à Rome (1935), Berlin (1936), Paris (1937), Bucarest (1938), la guerre imposant une interruption jusqu’en 1947. Reprise à Milan, en 1948, avec l’apport de la Tchécoslovaquie et les épisodes suivants à Marseille (1949), Barcelone (1950). Le congrès 1951, à Paris, institua l’organisation d’une Coupe d’Europe. En 1956 : affiliations de la République Démocratique Allemande et de la Fédération Royale Marocaine, suivies de la Fédération Polonaise (1957), de la Suède (1958). Les statuts sont révisés en 1961, modifiés en 1962, une Commission technique est créée en 1963. La Yougoslavie est admise en 1964, année où la Coupe des Champions est mise sur les rails pour deux ans avec finale aller et retour, et la création d’une Coupe des Nations est projetée dont le règlement est adopté en 1955 et la réalisation effective en 1966. La Bulgarie grossit l’effectif en 1967, le Danemark en 1975, puis le Luxembourg, la Suisse, la Tunisie, l’U.R.S.S., dont les représentants assistent aux travaux du Conseil d’Administration.

Un pas important est franchi en 1978 avec, sur proposition française, la mission générale confiée à la Commission technique étoffée de prendre en charge tout le secteur sportif (respect de l’esprit du jeu, responsabilité de l’application des règles, de la formation et sélection des arbitres et éducateurs, de la discipline des joueurs, éducateurs, arbitres et dirigeants). Deux sous-Commissions : administrative (secteur juridique, organisation et contrôle des compétitions) et technique sont constituées qui font appel à des membres non élus. Arrivée de la Côte d’Ivoire, admise en sous-commission technique puis administrative. Israël compte, aussi, un correspondant à la Commission technique. En 1986, affiliation de l’Andorre puis, en 1987, du Paraguay, Chili, Iles Salomon, Barbade, Western Samoa, République de Chine, Hong Kong et acceptation de l’Argentine en qualité de membre associé. En 1988, sollicitent leur admission : Nigeria, Seychelles, Norvège, U.S.A., Kenya, Ouganda, Tanzanie. Leur affiliation confère à la F.I.R.A. un caractère mondialiste. La venue de la Hongrie et de l’Autriche (1990) correspond à la radiation du Kenya, de l’Ouganda et de la Tanzanie pour non-respect des critères. Par contre, l’Uruguay et la Namibie sont acceptés ainsi que le Brésil et la Corée du Sud en 1991. Mouvement de troupes en 1992 : Bosnie Herzégovine, Corée du Nord, Croatie, Géorgie, Kazakhstan, Lettonie, Lituanie, Moldavie, Ouzbékistan, Russie, Slovénie, Ukraine, Venezuela, Zaïre font leur entrée, alors que Samoa occidentales, Finlande et Barbade sont radiées. En 1993 : arrivées de l’Inde et de Tahiti, radiation de Madagascar. En 1994 : Cameroun, Monaco, Arménie sont affiliés et les Samoa Occidentales réintégrées. Au fil des années, le mode de fonctionnement ne cesse de se perfectionner dans tous les secteurs. En 1995 un représentant de la F.I.R.A. au Board (Viorel MORARIU) est élu. En 1996 le statut de membre associé de l’Argentine est transformé en membre à part entière, et la Colombie et le Zimbabwe sont affiliés.

La période 95 - 97 est un tournant crucial dans l’existence de la F.I.R.A – association de droit français, mandatée par le Board pour promouvoir le rugby dans le monde – qui décide de refondre statuts et règlement intérieur pour les mettre en accord avec ce caractère hybride. Ce qui est réalisé en trois temps : Casablanca, Rome (A.G. extraordinaire) et Dubrovnik (juin 97) où le nouveau règlement intérieur est adopté, les statuts devant être communiqués au Board avant officialisation. Un pas essentiel est franchi en matière de démocratisation (nouveau système de vote). Les deux Corée (Nord et Sud), l’Ouzbékistan, le Mexique, le Nigeria et les Seychelles sont radiés des contrôles. En cette fin d’année 1997 Albert Ferrasse passe officiellement le témoin de la présidence à Jean Claude Baqué. Les statuts sont adoptés. Ils marquent la fin de l’hégémonie française (six représentants au lieu de onze au Conseil d’Administration, la représentation de chaque fédération étant plafonnée à six). Le nouveau président définit ainsi la mission qu’il fixe à son équipe : " Développer et gérer le rugby en accord avec le Board, de façon complémentaire et non concurrentielle ". Ce qui est dit est fait. Les deux présidents œuvrent en commun. La convention conclue en 1994 entre les deux organismes, renouvelée en 1995 est réaménagée. La F.I.R.A. s’inscrit dans la politique à l’échelle mondiale du Board et devient l’association continentale modèle. Pour cela, elle doit ne garder en son sein que les nations correspondant au nouveau schéma, les autres continuant à bénéficier de son aide formatrice et technique. Le phénomène est concrétisé à Biarritz (1999). Par un changement d’appellation d’abord : le sigle F.I.R.A. étant commué en patronyme FIRA auquel est accolé la mention Association Européenne de Rugby (A.E.R.). les statuts sont réformés. Les soixante " Pays membres " sont réduits à trente-cinq et l’appareil directeur adapté à la nouvelle situation. L'Irlande et le Pays de Galles font également leur entrée officielle au sein de la FIRA-A.E.R. au cours de l'Assemblée Générale de Biarritz. L’A.G. parisienne de décembre 1999 marque le début d’une nouvelle ère : identité, statuts et structures réformés. Appareil directeur adapté aux trente-cinq fédérations (l’Estonie est officiellement intégrée) plus la Tunisie et le Maroc en attendant qu’elles soient rattachées à leur zone géographique. Conseil d’administration complété, Bureau Exécutif et nouveau représentant auprès du Board (Jose-Maria EPALZA) désignés, Officier de développement (Robert ANTONIN) mis en place : la FIRA – A.E.R. peut, comme elle en a le mandat du Board, promouvoir et régenter le rugby de la zone européenne !

Depuis son arrivée à la Présidence, Jean-Claude Baqué n’a cessé d’œuvrer dans un sens de totale démocratisation des instances en incorporant de la façon la plus large et la plus complète le plus grand nombre de représentant de toutes les nations à tous les niveaux de fonctionnement. La meilleure illustration de cette politique est la 79e AG de décembre 2004 que l’on peut qualifier d’exemplaire et historique. Les 40 nations présentes ayant plébiscité pour 4 ans, le Président et ses colistiers. Adhésion authentiquement européenne, tous les secteurs géographiques étant représentés, toutes les valeurs établies se prononçant dans le même sens. Geste capital à l’heure ou le Conseil de l’IRB accueille les Unions Régionales en son sein. Exemplarité dans la gestion et un mode de vie on ne peut plus collégial : dix vice-présidents, couvrant la totalité des zones géographiques et tous les secteurs d’activités et le Président déléguant au maximum de façon formatrice ce qui est de nature à assurer une parfaite transition, la mesure s’accompagnant d’un fort rajeunissement des cadres.

L'année 2005 est marquée par un effort énorme dans le secteur de la formation et du développement, les deux officiers du développement: Michel Arpaillange et Pierre Villepreux ayant pour objectif numéro un la détection et la formation d'un Officier de Développement par nation. Le Portugais Raul Martins succède à José-Maria Epalza comme représentant auprès de l'IRB. Avec 1 300 00 licenciès et 42 nations affiliées, la FIRA-AER devient une composante essentielle du rugby mondial.

Deux éléments essentiels marquent l'exercice 2006: la reconduction de l'accord IRB/FIRA-AER qui codifie les rapports entre les deux organismes jusqu'au 31 décembre 2008 et sera ensuite revu pour un cycle de quatre ans à chaque année olympique (en correspondance avec les années électives de la FIRA-AER), et l'actualisation des statuts afin de combler un vide juridique. Il n'était pas prévu de dispositif en cas de vacance du poste de Président de la FIRA-AER. Il a été décidé à Sorrente que c'est le comité exécutif qui élira le successeur du Président à la majorité simple. Modification des statuts, aussi, pour créer un poste de responsable des compétitions. Autres faits importants: changement d'"appellation du Circuit Européen qui devient "Championnat d'Europe de Rugby à VII", extension de la Coupe d'Europe des clubs par groupe géographique et recrutement, avec l'aide de l'IRB, du commercial professionnel.

Au tableau des diverses étapes franchies en 2007 et 2008, la consécration de la gestion de l'Association Européenne sous la forme de reconnaissance par l'International Rugby board, du plan stratégique de la FIRA comme modèle du genre et adopté comme "fil rouge" mondial. Mise en concordance des statuts avec l'accord renouvelé par l'IRB et modification du règlement intérieur concernant, essentiellement, les demandes d'affiliation à titre de membre associé puis un an après, au titre de membre à part entière (acceptation de Chypre). Embauche, avec l'aide de l'IRB, d'un chargé de communication: Nicolas Hourquet. Accueil de San Marin (44e nation) en qualité de membre associé ce qui porte le potentiel à deux millions de licenciés repartis dans six mille clubs. Au bilan des officiers de développement le contingent porté à 28 éléments. Modernisation et progression des outils de communication: Flash Info et communiqués de presse en deux langues, site Internet en totale expansion (358.000 visites en 2007). Lors des AG traduction simultanée en 3 langues (anglais, français et russe). Illustration de la démocratie intégrale qui caractérise le fonctionnement européen: instauration d'un rassemblement annuel des Présidents de fédérations en prélude à chaque AG d'hiver soit un échange au sommet à double courant avec thèmes différents. Création d'un panel d'arbitres à trois niveaux; Gros effort en matière d'interventions télévisées les fédérations étant priées de prendre accord avec leur chaînes nationales puis de faire transférer les images sur Eurosport en finançant l'opération par la recherche de partenaires. Pierre Villepreux, en retraite est remplacé dans son rôle de RDM par Douglas Langley qui poursuit l'effort d'épanouissement du rugby féminin. Éclatante reconnaissance du rôle assumé par l'organisme Européenne dans le développement du rugby mondial: la promotion de Jean-Claude Baqué au sein du comité des VI Nations et celle de Pierre Camou au Conseil de l'IRB.
L’Assemblée Générale 2008 et la réélection de Jean-Claude Baqué à la Présidence marquent une nouvelle étape dans l’histoire de la FIRA-AER. Conformément à la philosophie qui guide ses actes depuis son accession à la Présidence, Jean-Claude Baqué poursuit « l’Européanisation » d’une Association dans laquelle la France était majoritaire. L’Espagnol José-Maria Epalza succède à Pierre Camou, devenu Président de la Fédération Française de Rugby, à la Trésorerie Générale, ce qui diminue d’une unité la présence française dans l’appareil de direction. Le but recherché : donner à toutes les nations quelle que soit leur importance, les mêmes moyens de s’exprimer, d’exister. Evolution importante : deux nouvelles Commissions sont créées : « Relations avec les Institutions européennes » (ouverture sur le monde politique, économique, juridique) et  « Haut Niveau » (Relations avec les VI Nations, l’ERC, etc…). Le territoire européen est structuré en 10 secteurs géographiques placés sous la responsabilité des dix vice-Présidents, véritables « Missi Dominici » d’un Président qui devient un « Leader politique » davantage qu’un « Capitaine du terrain ». Une nouvelle dimension est ainsi acquise.
Pour commémorer le 75e anniversaire de a création de la FIRA-Association Européenne de Rugby son président Jean-Claude Baqué a réussi la gageüre de joindre l'utile à l'agréable. L'utile en réunissant dans la capitale de l'Europe: Bruxelles en novembre 2009, le Comité exécutif et les 43 Présidents des nations membres en un meeting qui, en présence du Président de l'international Rugby Board: Bernard Lapasset, ont jeté les bases de l'organisation du rugby à VII en prévision des Jeux Olympiques. L'agréable en opposant à la prestigieuse équipe des Barbarians de France un XV de l'Europe qui a délivré au stade du roi Baudoin et en présence de plus de 10000 spectateurs un match de haut niveau qui a constitué une merveilleuse propagande pour le rugby d'autant plus qu'il a été retransmis dans 60 pays par des chaines de TV.


Henri GATINEAU